Cardiologue, Chef de service à l’hôpital cardiologique du Haut-Levêque, à Pessac.
Depuis environ six mois, une Power Plate a été installée dans notre unité de réadaptation. Des personnes, jeunes et volontaires, ne souffrant d’aucune pathologie particulière, mais qui n’étaient pas habituées à la pratique régulière d’un sport, se sont entraînées sur cet appareil, parfois en mode « High » pour certains exercices. Les bénéfices cardiovasculaires constatés sont très intéressants : performance et VO2 au test d’effort améliorées de 15 à 20% (il s’agit de la consommation maximale d’oxygène qu’un sujet, effectuant un effort d’intensité maximale, peut prélever au niveau pulmonaire, transporter par le système cardio-vasculaire et consommer au niveau musculaire). Un résultat positif à peu près semblable (mais peut-être plus rapide) à celui qu’obtient une personne, habituellement sédentaire, avec un entraînement sportif classique (footing par exemple).
D’autre part, les mesures cardiaques avec VO2, réalisées lors d’une séance d’entraînement, montrent que les accélérations en elles-mêmes sollicitent plus la fréquence cardiaque et la TAS (Tension Artérielle Systolique). En ce qui concerne les personnes souffrant de troubles cardiaques, on commence seulement maintenant à les inclure, très précautionneusement, dans quelques services de réadaptation. C’est la raison pour laquelle on a, pour l’instant, que peu de données scientifiques concernant les effets de la Power Plate sur ce type de population. Mais les premiers résultats sont très encourageants. Une satisfaction qui va nous permettre d’élargir les indications de la Power Plate. Ainsi, des insuffisants cardiaques ayant pratiqué des exercices, en statique et en dynamique, sur une Power Plate fonctionnant en mode « low », avec une fréquence de 35 hertz, se sont tous sentis mieux, plus en forme, et tous avaient gagné en VO2 et performance.
Pour les patients cardiaques décompensés, non stabilisés par un traitement, ni pour les personnes souffrant d’une hypertension artérielle majeure non traitée ou celles ayant eu un infarctus il y a moins d’un an.
Par principe de précaution, on évite les situations dans lesquelles la Power Plate pourrait comporter un quelconque risque sur le plan cardiologique, même si ce risque n’a jamais été prouvé.
NON (probablement) : Ce scénariocatastrophe ne s’est jamais produit mais, par prudence, pas de Power Plate avec un pace-maker ! En détectant les accélérations de la Power Plate, le pace-maker pourrait les interpréter comme des impulsions cardiaques spontanées. Dans ce cas, pensant que le cœur n’a pas besoin d’une stimulation, le pacemaker s’arrêterait de fonctionner et le patient pourrait avoir une syncope.
NON : A l’inverse du pace-maker, le défibrillateur pourrait interpréter les accélérations comme un trouble du rythme cardiaque. Afin de stopper ce pseudo- emballement du cœur, il produirait une défibrillation totalement inappropriée. Là encore, pas de Power Plate !
NON : Lorsqu’il y a eu pose d’un stent, on pourrait craindre que, sous l’effet des accélérations, ce petit « ressort » destiné à maintenir l’artère coronaire ouverte, bouge. Mieux vaut attendre un délai de six mois, après son implantation, pour utiliser la Power Plate.